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mercredi 23 mars 2016

Le repenti et le revenant

Quand l’État est imbécile, la médiocrité se hisse au rang de Général en ce sens qu’elle se singularise jusqu’ à déteindre sur tous ses rouages. La communication étant le nerf de guerre de la société de consommation, une chaîne de télévision dont la prétention dépasse les murs amovibles de l’information vient de créer l’événement. En effet, c'est un scoop, dans le jargon du milieu, je ne peux qu’admettre l’exclusivité. L’annonce est faite à grande pompe et, prestige oblige, l’on cultive le sensationnel et la sensation. Et comment ! L’on prépare les gens, l’on chauffe le plateau, l’on table haut sur un audimat d’exception. Enfin, monsieur est avancé ! Un bel homme, eut-on dit ! Courtois et rasé de près jusqu'à paraître imberbe, il sourit de toutes ses dents qu’il a su garder blanches, malgré la noire décennie et la rouge hécatombe. Il ne tousse pas, car non atteint de pneumonie qu’il a su déjouer pendant plus de vingt ans en parcourant monts et vallées.

Il se détend nullement inquiété en étalant avec hardiesse, il faut le reconnaître, sa richesse verbale pour tenir en haleine tout un peuple accroché à ses lèvres qui ne profèrent plus, comme par enchantement, des postillons de merde. Comme il est beau, il ressemble à James Dean et il fait du cinéma, le môssieur. Un acteur de premier plan parachuté par la magie d’un procureur qui, faut-il le souligner, a des affinités avec le microphone et la caméra qui filme la scène. Ah, cooptation quand tu nous tiens ! Autrement, comment expliquer l’enthousiasme démesuré des commentateurs à souligner l’exclusivité ? Avec tact et doigté, il débite ses paroles comme s’il prononce un discours ! Quelle pédagogie ! Un cours magistral mêlant histoire et géographie. Moi qui croyais connaître l’Algérie, je suis fait comme un rat devant ce seigneur auquel on déroule le tapis rouge de la télévision pour dispenser les diatribes et sa diarrhée. Cela sent la leçon trop bien apprise et il faut être con pour laisser passer une telle bêtise.

Il excelle dans les figures de style en nous distillant ses randonnées pédestres en faisant l’éloge de la horde sauvage qui polluait  l’Algérie entière avec cependant quelques arrêts sur image pour fustiger certains émirs sortis du droit chemin. Le pauvre énergumène ne représentait absolument rien, mais il rencontrait tous les chefs notoires de la nébuleuse terroriste. Oui, de Kada Benchiha à Droudkel, il connut presque tous les émirs auxquels il dispensa ses fatwas incendiaires pour les aider à mener le combat qu’il assimilait au djihad. Il lui a fallu vingt-deux ans de « djihad » au service de la cause extrémiste pour découvrir qu’il avait fausse route , malgré les innombrables tueries et massacres auxquels il prit part, certainement. Meskine, témoin juste des vestiges de la nuit horrible de Ramka, il s’insurge a posteriori contre ses auteurs. Un saint parachuté au milieu d’un essaim de « chayatines » serions-nous tentés de dire. Le malheureux a dû tellement souffrir au milieu de la vermine humaine que j’en ai les larmes aux yeux ! Je le revois tout seul, fragile et vulnérable, au milieu de gens sans foi ni loi semant la mort à tout bout de champ parmi une population isolée et désarmée.

Lui ne faisait apparemment que du sport et des randonnées en montagne. Jugez-en par vous-mêmes ! De la forêt de Mascara aux monts de Jijel en passant par la  Dahra et Zbarbar, il a mis deux ans à prononcer des fatwas et blanchir des consciences. Quelle belle performance en matière de brigandage et de tuerie. Sans pudeur aucune, il fait l’apologie du terrorisme en épinglant quelques pauvres émirs qui ont eu le malheur de dévier du droit chemin : le djihad. Il est là, débordant de santé comme un chacal qui vient de se repaître d’une carcasse animale. Goinfré comme un porc, il respire l’hypocrisie par tous ses pores en tenant en haleine un plumitif talentueux, peut-être, mais certainement naïf. Sobre et rassuré quant à son impunité, il égrène le chapelet de ses confrères morts, qui par pneumonie qui par embolie qui par crise asthmatique qui par famine qui par dépit et qui par combat fratricide. Jamais contre les forces réglementaires, mises à part deux brebis galeuses à la suite d’une  embuscade.

Alors qu’il manie sa langue fourchue, mon esprit est  taraudé par le feu de l’impuissance, car dans mon cerveau se répercute encore en écho le cri strident des innocents que l’on assassine lâchement et sauvagement. Il regrette beaucoup sa déviation. Alors que son géniteur, insuffisant rénal, avait besoin de sa présence, le maudit choisit d’être marginal. S’il avait été son père, cet enfant unique lui aurait été dévoué, mais il avait préféré Lucifer pour s’affirmer. Il déballe ses salades et l’on nous oblige à l’écouter radoter la vieille rengaine. C’est sûr, il n’a tué personne, pourtant d’après ses déboires, il a été jurisconsulte la campagne durant. Je reconnais à son langage qu’il a été prédicateur, car il a le verbe facile. La manière avec laquelle il manie les mots renseigne sur sa longue expérience dans la manipulation des masses, ces moutons de Panurge par excellence.

Il me regarde, me nargue surtout, car il sait qu’il m’a eu jusqu’au trognon par la faute de ces maquignons politicards. Soudain, il est absout de tous ses crimes et péchés capitaux par la magie de la législation en vigueur, j’ai nommé la réconciliation du législateur. Une réconciliation qui dure en longueur a contrario de l’effet escompté. Au lieu de la dissuasion, l’on ouvre grandement la porte à la récidive, un éternel recommencement. Oui, beaucoup de terroristes ne se sont repentis que pour recruter davantage de nervis. De grâce, Messieurs les officiels, épargnez-nous cette offense et ce mépris généralisé. Ayez du respect pour nos morts, les victimes de la horde sauvage ! Un peu de compassion pour ces milliers de blessés ! S’il vous plaît, un peu de pudeur et d’humilité ! Merde ! Livrez-le aux parents des victimes de Ramka et Had Chekala où des milliers, massacrés et outrageusement assassinés, hantent toujours les vivants !

À quelques lieues, un autre tapis rouge est déroulé au nez de la justice qui se cache comme une jeune  fille par hypocrisie. Toute virginité consommée, elle n’a plus aucune raison de jouer à la sainte nitouche, puisqu’elle a été touchée dans ce qu’elle a de précieux dans sa propre couche. L’on joue la fanfare, l’on allume les lampions et l’on danse le vieil air, les idées aux vents. L’on remonte le temps et les montres, l’on asticote son  jargon, l’on rince ses mots, l’on se met sur son trente-et-un multiplié par deux ce qui donne les fastes de soixante-deux. Tous les cadres sont présents et certains ministres ont même surpris les gens en annonçant à cors et à cris le retour du Saint. L’intouchable percussionniste prend tout le monde de court en mettant au mur des lamentations la justice lamentable qui court dans tous les sens sauf  dans celui des assises où l’on s’assoit la tête en bas pour voir le monde à l’endroit. Tous les gens sont heureux dans cette Algérie des miracles  sauf  un procureur  qui  se prit un moment pour un oracle. Il doit être bien à l’étroit dans sa tête et se sentir vraiment malheureux à l’ombre de l’échafaud où l’on prononce déjà sa sentence. Sonnons les trompettes à l’honneur de cet Algérien américanisé, ce sauveur à deux vitesses dont le regard fugace menace un certain procureur tétanisé. Oui, il n’avait qu’à ne pas émettre un tel mandat, d’ailleurs truffé de vices, à destination de la police mondiale. L’on ne s’amuse pas à ce niveau, toute chose a son importance. En tout cas, de deux choses l’une ! Soit l’un est voleur, soit l’autre est un véritable soûlard ! Verse-moi de l’amour dans cette coupe où mon cœur gigote en attendant l’éclaircie de mon esprit ! Vive l’Algérie !  

  

dimanche 6 mars 2016

L’hypocrisie arabe

Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ! La religion est-elle l’opium des peuples ? La véracité de cette citation marxiste se vérifie chaque jour davantage dans ce monde que l’on appelle à tort et à travers arabe. Qu’est-ce qu’un pays arabe ? La langue définit-elle les contours géographiques d’une entité ? L’arabe est-elle une nationalité ? Les interprètes russes et chinois sont-ils arabes ? Ne parlent-ils pas la langue arabe ? Il faut impérativement décanter les esprits des masses musulmanes, car l’on refuse de regarder la vérité en face et l’on continue à admettre la bêtise. Il est vrai qu’il est difficile de venir à bout d’une conviction, mais s’agissant de survie, ne doit-on pas justement court-circuiter les schémas stéréotypés ?

Supposons un seul instant que les Saoud soient arabes et musulmans et opérons une introspection ; osons et posons-nous de simples questions et écoutons les réponses sans objection. S’ils sont arabes, pourquoi s’acharnent-ils sur un pays dont les habitants le sont de souche ? S’ils sont musulmans, pourquoi tuent-ils les Yéménites, les Irakiens, les Libyens et les Syriens sans ménagement ? Ils sont chiites, diriez-vous ? Durant les quatre mois sacrés de l’année, ils n’ont cessé de casser du Yéménite. Ils ont même levé une coalition pour mener à terme leur abomination. Pourquoi n’ont-ils jamais envisagé une telle action au plus fort de la guerre d’agression de Gaza et du Liban ? Dans ce cas, Israël est soit arabe, soit musulman. Si tel est le cas, cela expliquerait bien des comportements. En suivant l’orientation de cette logique absurde, le Yémen ne peut-être qu’israélien.

Les Saoud clament haut et fort, à qui veut les entendre, qu’ils défendent les Arabes et les musulmans contre les apostats et les anti-musulmans, ces sales chiites qui polluent la région. L’Iran qui est donc chiite et pas musulman menace les pays arabes dans leurs fondements. Monsieur Ali Khamenei est plus arabe que tous les gens du Khalije réunis. Au fait, les Palestiniens sont-ils arabes ou bien sont-ce les Israéliens ? J’avoue me perdre dans ce puzzle pour le moins catastrophique. Je ne me retrouve plus avec ce chiffon arabe que d’aucuns se torchent le derrière. Ils sont arabes, ils poussent Saddam dans la gueule de l’Iran en pleine effervescence révolutionnaire. Il fallait tuer dans l’œuf cette jeune révolution avant qu’elle ne fasse des émules dans toute la région. Ils sont Arabes, ils arment les alliés pour renvoyer l’Irak à l’âge de pierre. Ils sont arabes, ils financent toutes les guerres contre les Arabes. Ils sont arabes, ils détruisent le berceau de la civilisation humaine qui se trouve être arabe. Ils excellent à fomenter des complots et à rassembler la vermine humaine pour détruire les bastions arabes, la Syrie n’étant que la partie visible de l’iceberg. Et puis qu’ont-ils avec cette arabité qu’ils lessivent comme un linge sale à longueur de temps ?

L’on ne veut plus de cette « identité » que l’on nous fait porter comme une camisole de force. Est arabe qui veut ! Le commerce qu’ils en font est cousu de fil blanc, mais n’empêche qu’ils réussissent à en faire un comptoir florissant. Dans ce désert arabe qui ne dit pas son nom, l’on ne fait pas dans la dentelle. On vient de pondre un œuf de chamelle aussi grand que le bœuf de la grenouille de Lafontaine. L’on nous fait avaler la grosse couleuvre au forceps idiot de la bêtise. Le comble, les masses arabes sont, dans leurs majorités, acquises à cette malédiction. Là où je passe, j’essuie le mépris et la colère déguisée de certaines gens en mal d’existence. Évidemment, ils ne le montrent que, lorsque j’ai le dos tourné. Hypocrisie, quand tu nous tiens ! Je vous fais un aveu, je reconnais qu’il m’est pénible d’écrire cet article et cela fait deux jours que je patauge dessus. Je patine à vrai dire en trébuchant sur des choses vraiment amères affectant les fondements de ma personnalité…

Qu’ils prennent leur arabité absconse en me déchargeant de leur arabisme tronqué, je n’ai nul besoin de leur absurdité pour me faire une identité. J’ai la mienne, elle est pure ! Je vous laisse à votre ligue parmi vos complots et je vous remets votre langue pour aligner des mots lâches et vaincus. Reprenez là, je ne veux plus servir d’otage à vos idées de marécages. Je vous décharge de ma responsabilité, occupez-vous juste de votre Arabie sans m’accorder le moindre égard. Je vous libère, prenez tout ce qui vous appartient et quittez ma planète, car vous vous en doutez, vous ne faites plus partie de ma tête. Un exorciste empreint de catéchisme et de philosophie a vidé mon cerveau de ses indus occupants et d’autres mornes oripeaux. Je vous cède le sable, le sexe bizarre dont vous faites une gloire et tous les chemins menant à « Rhum » où vous trinquez vos déboires avec Bacchus et consorts. Partez et emportez vos restes ! Ne laissez rien au hasard et oubliez-moi au-delà de la vie que vous supprimez à tort et à travers. Oui, prenez votre arabe et tout qui s’y apparente ou s’y identifie !

De grâce, ne prenez plus ma défense et ne m’accordez plus votre assistance, vous m’avez assez avili et dénaturé. Basta ! Sortez de ma vie et de ma mort aussi ! Basta ! Débarrassez le plancher ! Vous bloquez mes horizons en accaparant ma vision. Alors, hors de ma vue ! Oui, prenez vos robes et vos turbans maléfiques, vos livres et vos chapelets sataniques ! Ne laissez rien derrière vous qui rappelle votre langage, je ne suis plus en mesure de vous écouter. Oui, prenez même votre religion, celle que vous apprêtez sur mesure pour servir vos désirs, vos fantasmes et votre perversion. Je ne suis pas arabe et ne puis l’être et même si je l’étais je m’en rebellerais à renier jusqu’à mon alphabet. Vous m’avez collé cette arabité qui me réduit et que vous avilissez chaque fois davantage. Prenez là et foutez-moi la paix !

Comme je l’ai déjà dit plus haut, jamais un article ne m’a aussi perturbé. J’avoue perdre mon latin, tellement la situation est on ne peut plus burlesque. Ubuesque, aurait dit Frédéric Dard en faisant radoter Ubu, dans San Antonio. Toute honte bue, les enturbannés viennent de déféquer à la face ramollie des Arabes. Je n’arrive pas à comprendre que des pays aussi grands puissent se soumettre à des idiots et de la façon la plus vile qui soit.  Un État peut-il se vendre à une entité ? Admirer cette grande Égypte qui se plie aux souhaits et désirs de ces Bédouins machiavéliques. Il faut être vraiment masochiste pour accepter une telle soumission. Oui, regardez comme elle est docile quant à tuer des Yéménites, jeter l’anathème sur une révolution et diaboliser une résistance. En tout cas, ce n’est nullement le propre des Égyptiens, mais l’on note depuis Camp David une véritable démission des Pharaons pour ne pas dire une totale abdication. Par cet effacement, l’Égypte se suicide lentement…

  Je commence à désespérer des Égyptiens que je sais braves comme tous les peuples qui se respectent, mais accordez-moi le bénéfice du doute. Ils mènent deux actions diamétralement opposées pour noyer le chat que je suis. Les députés limogent un des leurs au grief qu’il a reçu chez lui l’ambassadeur israélien accrédité, s’il vous plaît, au Caire. Il faut être Arabe pour cohabiter avec un tel paradoxe ! La deuxième action s’inscrit en droite ligne avec la surenchère politique. Et comment ! Vassalité oblige, l’on est plus royaliste que le roi. Tu diabolises Hezbollah, je satanise le Hamas et le tour est joué dans cette conjugaison où la concordance des temps est strictement observée. L’on fait dans le zèle, alors que la cause arabe bat de l’aile.

Les poules du Golfe viennent de pondre un œuf à la mesure de leur cloaque Dans cette planète de sable où le vent s’essouffle à la même rengaine, l’on est aux antipodes de la scène. L’on traîne la savate comme un chien blessé qui pourlèche sa blessure. C’est encore malheureux que le coup d’envoi soit donné en terre tunisienne pour ces Arabes autoproclamés afin de diaboliser celui qui défend leur dignité. Quand les Saoud poussent des cris d’orfraie, les pseudo-arabes, vivant en apnée, frayent. À l’image du premier sommet de « Les amis de la Syrie », les garçons d’intérieur défraient la chronique en surnageant à contre-courant. Une semaine plus tard, c’est Le Caire qui reprend le flambeau et l’on est toujours en Terre arabe qui pue l’« israélisation ». Cette fois-ci, ce sont les portefaix gravitant à l’extérieur des affaires arabes qui se distinguent par leur piètre réalisation.

La digue arabe vient de céder sous la poussée nauséabonde des étrons arabo-musulmans. Le siège, heureux d’être honoré par tant de déjections, salua d’emblée l’assemblée par une multitude de pets d’acclamation. Excusez mon verbe que je ne trouve pas tellement acerbe pour épingler ces culs-terreux arabes. Cependant, c’est de bonne guerre ! Cela permet non seulement de comprendre le marasme arabe, mais aussi de séparer le bon grain de l’ivraie. L’Égypte fière ne peut pardonner à Hezbollah de lui voler sa gloire. Quant aux pays du Khalije, cela va de soi qu’ils s’alignent sur leurs cousins et les protégés de leur parrain. Le Maroc ? Sensibilité oblige, je ne veux point en parler. De basse-cour européenne et d’arrière-cour saoudienne, il tète le biberon israélien ce Maghrébin zélé qui s’en va chasser aux confins du Yémen. Il parait que le gibier yéménite est dur à croquer, car le chasseur marocain y a laissé ses dents. Et cette pauvre Algérie qui se démène au four et au moulin n’arrive pas à joindre les deux bouts.   L’Algérie a vraiment peur de recompter ses morts, la décennie rouge n’étant pas lointaine. Au fait, que faisaient les Arabes à cette époque-là ? Certains se fendaient la rate quand les terroristes éventraient les Algériennes en pariant sur le sexe du bébé. D’autres voyaient d’un bon œil la tragédie. Une vraie « sahwa », disaient les érudits. Les Saoud finançaient la tuerie que les Kardhaoui et consorts bénissaient. Les Algériens mouraient seuls sous le feu impitoyable des « amis ». Quant à l’ennemi, il était normal qu’il s’en délecte. Oui, l’Algérie éprouve de la répulsion face à cette folie bédouine qui ne recule devant rien, car certaine de son impunité. Intouchable, elle opère par acteurs interposés. Les mercenaires ne manquent pas, il suffit de casquer et comme les émirs ont pignon sur rue, le portefeuille plein et la main preste, tout devient un jeu de gamin.

L’Algérie ménage la chèvre et le chou pour ne pas blesser la bête.  Cependant, elle émet des réserves chaque fois en jouant au trouble-fête et cela agace, naturellement. L’on n’est nullement content de l’autre côté de l’arabité, l’on ameute alors les chiens pour mordre l’algérien. Pour défendre les Arabes, les Saoud doivent les massacrer et celui qui ne marche pas dans leur combine est invariablement contre eux. Ils luttent contre les terroristes en les formant et en les injectant dans les pays-frères et amis à l’exemple du Yémen et de la Syrie. Depuis Camp David, l’on s’est attelé à la tâche de morceler sinon détruire les pays susceptibles de menacer l’entité sioniste. La jeune révolution fait les frais de faux Arabes, lorsque ceux-ci arment Saddam et le lancent comme un chien enragé sur l’Iran. Regardez comme ils se comportent comme des « chayatines » en incitant deux pays musulmans à s’entretuer !

 Pour remercier l’Irak pour services rendus, ils financent et participent à la « Tempête du désert »  qui a renvoyé ce pays à l’âge de pierre. Plus tard, c’est la Libye qu’ils disloquent et la Syrie qu’ils démolissent. Quant au pauvre voisin, il n’avait qu’à ne pas être arabe et musulman. Voyez-vous comment ils assurent la défense des pays arabes ? Ils ont de tout temps axé leurs efforts pour disjoncter la boussole arabe afin que son Nord indique l’Iran, et jamais Israël. Extrémistes jusqu’à la moelle épinière, les Saoud empêchent les croyants syriens et yéménites d’accomplir le pèlerinage. Sont-ils les détenteurs exclusifs des Lieux Saints au point de s’arroger le droit de décider à leur guise ? La Mecque leur appartient-elle ? Sont-ils les représentants universels de Dieu sur Terre ? Sont-ils les dépositaires uniques de la religion musulmane ? Finalement de quel Islam parlent-ils ? Que les musulmans se réveillent, mince alors ! Qu’ils boycottent tout ce qui a trait à cette secte wahhabite et ce qui la rappelle ! Ne donnez plus de crédit à cette vermine qui dénature l’Islam et les musulmans ! Arrêtez le massacre !

Oui, l’Algérie a raison de s’inquiéter, puisque c’est le seul pays encore debout qui refuse la normalisation avec Israël. Il ne faut point se leurrer, il n’existe plus de nation arabe ni musulmane politiquement parlant. Il est grand temps pour l’Algérie de redéfinir ses priorités en matière de stratégie. En effet, il faut entamer une profonde réflexion autour des relations panarabes, car les rapports classiques ne tiennent plus la route. Oui, des changements spectaculaires s’opèrent, alors que l’Algérie continue à réagir selon les formules ayant démontré leur caducité sur le plan régional. Il est impératif d’asseoir une nouvelle politique eu égard aux événements qui s’accélèrent dans les abords immédiats et qui peuvent mettre en danger notre pronostic vital. Ce n’est pas le Hezbollah qui a fait éclater la cohésion arabe, comme on veut nous le faire accroire, mais bel et bien les pays du Golfe par leur tartufferie proverbiale. Le Hezbollah terroriste ? Il faut être vraiment arabe pour accoucher d’une telle calamité. C’est monstrueux, mais logique, aussi paradoxal que cela puisse paraitre. Il faut être vraiment masochiste pour oser une telle digression.

Cependant, cette décision n’affecte a priori que les gens qui ont encore le sens de l’honneur. Quant à ces Bédouins du coin, il y a longtemps qu’ils ont troqué leur dignité. En tout état de cause, ce classement ne fait qu’honorer Hezbollah et lever le voile, enfin ce qui en reste, sur ces faux frères qui puent la lâcheté. Ce classement n’est dangereux que dans la mesure où il ouvre la voie à Israël (véritable terroriste) à une nouvelle agression et il ne faut point s’étonner de voir les Arabes l’assister. Ils le font d’ailleurs sans pudeur au Yémen et en Syrie et demain, ils agiront de même en Algérie.

Une nouvelle géographie se dessine au Moyen-Orient et de nouvelles alliances se tissent au détriment de la cause palestinienne. En effet, les relations entre l’Entité sioniste et les pays arabes ne se font plus en catimini, mais bel et bien en surface , au su et au vu de tout le monde. Justement, ce développement spectaculaire doit interpeller les autorités algériennes non seulement à plus de vigilance, mais aussi à prendre les mesures qui s’imposent, quitte à faire faux bond à la digue arabe. Oui, l’on se doit de prendre l’initiative pour ne pas donner davantage de crédit à une organisation déliquescente et fantomatique. Certes, l’abandon de cette digue ne peut se faire sans danger dans ces conditions dramatiques, mais cela permet de lui ôter la possibilité de nuire au moment critique. L’Algérie doit se défaire nécessairement de cette légalité arabe qui échoit à cette instance lâche et perfide. Les cas de l’Irak, de la Libye, de la Syrie et du Yémen sont très édifiants en la matière d’autant plus qu’on vient de reconduire un pro-israélien. De tous les diplomates, l’on n’a trouvé que cet ancien ministre égyptien des Affaires étrangères pour présider aux affaires arabes. Les jeux sont faits et les haricots cuits. Qu’attendre d’un sympathisant sioniste doublé d’un anti-palestinien ? Il ne manquait plus que celui-ci pour finir le travail commencé. Désormais, il faut s’attendre à toutes les probabilités du moment que tous les masques sont tombés. 

  

samedi 27 février 2016

L'imposture de l'amour

Il était dix-huit heures à l’écran de l’ordinateur que Salim venait de mettre sous tension, dans sa chambre qu’il avait regagnée après avoir longtemps erré à travers les rues de la ville. Il avait passé presque la moitié de la journée à tourner en rond, ne sachant où aller, tellement l’ennui et le dégoût occupaient son âme et son esprit. Salim était un jeune homme très simple, aimant la vie. Un beau brun portant bien ses vingt ans. C’était aussi un brillant étudiant et un mordu de la littérature. Le verbe et ses tournures le fascinaient tellement qu’il était devenu amoureux de la poésie. Il taquinait la rime à ses heures perdues et ses poèmes étaient d’excellente facture. Cependant, sans être vraiment malheureux, Salim n’était point heureux. En tout cas, il ressentait une certaine mélancolie qui ne le quittait plus d’ailleurs, depuis que son esprit avait adopté une charmante invitée. Le comportement de Salim était on ne peut plus exemplaire, mais quelque chose d’étrange et de mystérieux venait de transformer son regard qui ne voyait plus les choses comme avant ; il les appréhendait sous leurs nouveaux visages.

 Chaque fois que la dépression et l’ennui prenaient possession de lui, il éprouvait le besoin de le crier sur les toits. Toutefois, son orgueil très poussé l’empêchait d’esquiver ainsi les murs de l’angoisse en lui interdisant pareil exutoire. Alors, il se rabattait sur l’écran qui avait cependant bon dos pour le soustraire à son mal intérieur et boire ses exsudations mentales. Il avait le don de ne lui opposer que sa chair douce et accueillante loin du syndrome de la page blanche. Le clavier traduisant ses pensées, il écrivait :
« À toi pour qui la pensée se tourmente et le cœur fermente. À toi pour qui les chemins qui montent ne sont finalement qu’une morne descente tellement l’amour a honte et sa déclaration offensante. À toi qui vis autant que moi cette existence où le silence est de bon aloi et la parole une vaine souffrance. À toi par qui se démultiplie ma chance et se fige mon espérance. Cela ferait bientôt une année depuis que nous nous sommes connus et même si nos routes ne se croisent plus comme avant, je ne cesse de penser toujours à ce « nous » que nous avions voulu nôtre et que j’ai voulu « autre ». Je le désirais différent de celui qui se voulait être le fils, cet apôtre incontournable de notre mentalité. Depuis, mon âme est toujours pleine de toi, de jour comme de nuit, non que mon amour soit trop grand ou que tu sois sublime, mais parce que ma vie s’apparente à toi et je ne saurais vivre sans ce délire.

Quand mon âme est pleine de toi, dehors il fait si froid et dans ma peau je me sens à l’étroit. La peine s’enroule autour de moi comme si la solitude était à l’endroit et moi un intrus, un hors-la-loi.

Quand mon âme est pleine de toi, elle se renverse en moi comme une chaloupe et je sens venir à moi tout l’océan que je dois boire, coupe après coupe, jusqu’à la dernière goutte.

Quand mon âme est pleine de toi, même le ciel baisse ses frocs et je sens les excréments de la terre me pénétrer par tous les pores. J’avale tout de travers, même la tristesse qui me dévore.

Quand mon âme est pleine de toi, je sens monter en moi tous les effluves du temps, se liguer contre moi tous les cauchemars et démons en remuant dans mon cœur leurs couteaux et lessivant dans ma gorge leurs baveux volcans. Je deviens alors plaie et tu deviens bourreau.

Quand mon âme est pleine de toi, ma seule défense s’en va en pleurs et tous les malheurs de la terre ne trouvent leur écho qu’en moi. Face à l’immensité de cet océan, je n’ai que cette douleur étrange qui, amère comme un sanglot, me saisit soudain à la gorge. Je m’accroche de toute la force de mes ans à cette goutte d’eau qui quitte, doucement, mes yeux sous le regard béant de mon cœur où il pleut d’amers pleurs.

C’est dans ce triste état que mon âme s’insurge d’abord contre moi, contre ma paresse et mon manque de perspicacité, contre ma niaiserie et ma naïveté, contre mes déboires et mes faux espoirs, contre cette société qui me tient prisonnier dans ses fers et là s’impose la question : pourquoi ?
Pourquoi les plaines de ma pensée ne sont-elles fertiles qu’à ton blé ?
Pourquoi les cils des nuages sont-ils jaloux de l’encre de tes yeux ?
Pourquoi le toit de mon ciel crie-t-il le besoin de ton bleu ?
Pourquoi la vie à pas de loup est-elle un poison dans mes veines ?
Pourquoi le temps fou chevauche-t-il sur le dos de mes peines ?
Pourquoi les portes de mon cœur ne cèdent-elles qu’à la clef de ton sourire ? Et m’enferment souvent sans toi dans leur prison ?
Pourquoi, à l’étroit de mon âme pleine de toi, déclamé-je le verbe qui sied le plus à mon toit et à mon drame à la fois ?
Pourquoi le jour s’ombre-t-il de nuit quand le goût amer de l’absence est le seul vizir du palais ?
Pourquoi la nuit tient-elle éveillé mon monde quand celui – ci ne demande qu’un oreiller ?
Pourquoi le silence est-il le mauvais présage de ta présence ?
Pourquoi es-tu femme de mon peut-être quand le possible est nul parfois, et malgré mon âme de poète, le destin n’est absolument pas un choix ?
Pourquoi faut-il que je sois pour que cœur et âme se fouettent ? Est-ce ainsi que va la suprême loi ? Là, où le sort nous jette ? »

En te rencontrant, j’ai découvert l’amour. En t’aimant, j’ai connu la douleur. Celle-ci ne me quitte plus, étant devenue ma compagne et mon amie. Elle est immense, plus grande que mon cœur et plus petite que l’animalcule dans mon esprit. C’est dans ce paradoxe que ma vie se meut en attendant que le jour se lève avec un nouveau soleil, éclairant enfin l’ombre qui sous-tend ma joie en minant les assises du bonheur éphémères. Nous sommes victimes tous les deux d’un même mal issu d’un même système. Nous sommes le résultat de l’interaction de trop de facteurs exogènes qui nous façonnent, malaxent, règlent, assiègent, calibrent, ordonnent, surveillent et arraisonnent. Je veux que cet écrit soit le cristal par lequel se répercute la lumière. Je désire qu’il soit l’incidence merveilleuse de ce soleil que je porte à bout de bras pour qu’enfin se brisent toutes les chaînes qui nous lient et nous retiennent dans le bagne de la déchéance et de l’obscurantisme. Je veux qu’il soit le glaive libérateur pourfendant la bêtise humaine, son hypocrisie et sa traîtrise, sa méchanceté et sa mainmise.

 Je pense à toi et je repense à nous. Nous aurions pu être les vainqueurs, alors nous aurions dressé les prémices à de nouvelles valeurs. Nous aurions été les pionniers d’un Nouveau Monde ; nous aurions été ses instigateurs et ses conquérants. Je t’écris pour te dire, avec le seul verbe que j’aie de cohérent, que nous avons raté le rendez-vous avec notre chance. Tu étais restée debout sur le quai, et moi j’étais déjà en partance. Une fleur sur le quai d’une gare et une plaie sur une tombe quelque part. À qui revenait la faute ? Au temps évidemment ! Il n’était pas à l’heure. Soit que ce n’était pas encore l’heure, soit qu’il n’était plus l’heure. Finalement, nous sommes condamnés à n’être qu’un homme et une femme. Oui, tu n’es et ne seras qu’une entité, le fruit exotique d’une société crapuleuse et tendancieuse obéissant aveuglément aux lois mécaniques de l’existence. Une entité partisane, victime de l’injustice et de la partialité. Une entité irrationnelle noyée dans des idiomes plus que parfaits portant la négation de son essence, le germe de sa propre implosion.

Tu n’es qu’une donnée historique échappée de l’histoire contrainte, compromise et détournée. Tu es la quintessence de ce qui est, en fait, le plus grand vol de l’Histoire ; une essence métaphysique, platonicienne donc inestimable. Je parlais “humain” et tu parlais “homme – femme”, ainsi avons-nous créé ce différend qui continue à nous épingler sur l’automne de notre aventure humaine.

Je ne suis point en train de philosopher pour le plaisir d’aligner les mots dans de majestueuses paraboles et de beaux oxymores, mais pour te montrer que le mal provient uniquement de moi. En effet, mon approche procède d’un cheminement différent de celui des autres. Cette différence fluctuante et instable demeure vraiment aléatoire, car on ne déserte jamais tout à fait. Je ne suis point hostile à cet ordre établi jusqu’à revendiquer une révolution. Cependant, audacieux dans mes réflexions, je réclame un changement progressif jusqu’à la limite de la perfection. Je ne me veux pas réformateur, mais promoteur d’un nouveau mode de pensée en vue de susciter une transformation évolutive et non une transplantation qui ne peut être que radicale ou du moins sélective. Je dis, pas tout à fait déserteur, car proscrit quand même comme un fruit trop mûr qui éclate en fin de saison, de cette société que j’identifie au pouvoir. Je voudrais être la puissance minant celui-ci de l’intérieur pour provoquer sa mort suicidaire.

Une puissance n’appartenant pas à ce pouvoir, mais à celle du “pouvoir penser”, du “pouvoir faire”, du “pouvoir dire”, du “pouvoir nier” pour enfin arriver au “vouloir – pouvoir”. Quand on veut, on peut ! La famille, l’école, la rue, la propriété, l’État… L’État… C’est cela le pouvoir ! Je voudrais être la puissance qui ne réprime pas, qui n’interdit pas, qui n’emmure pas la voix dans le silence. Le pouvoir intime toujours le silence ! Si la société est le plus grand ennemi de tout ce qui s’apparente à l’humain, alors qui est vraiment son ami ?

Quant à l’amour, il est domestiqué à outrance en ce sens qu’il forme le bandeau par excellence sur le regard de l’esprit pour désarmer sa pertinence. Il y a longtemps que je voulais ôter ce masque hideux qui t’empêche de voir réellement et qui rend par conséquent ton amour aveugle. La société le souhaite toujours aveugle parce qu’elle ne veut pas qu’il regarde là où son pouvoir est vulnérable. Notre seule puissance réside dans cet amour qui est malheureusement noyauté par ledit pouvoir, puisque l’on ne sent pas le prolongement de notre réflexion dans notre bras, dans notre corps. Sais-tu que tu es d’abord ma sœur, mon égale ? Et que je ne saurais exister dans mon corps, mais dans le tien aussi ? J’existe dans tout ce qui forme puissance. Je vis dans les roses qu’on coupe, les arbres qu’on taille, les maisons qu’on construit, les animaux qu’on domestique, qu’on dompte, les rues qu’on asphalte, les discours qu’on prépare et qu’on jette…

Te souviens-tu de notre dernière rencontre ? Moi, je la garde toujours en mémoire, car je ne peux oublier ton regard. Il avait un quelque chose d’étrange et de bizarre et j’y ai lu une certaine frayeur. J’y ai déchiffré l’aberration de ta croyance et l’illogisme de ta foi. L’Histoire nageant dans la bâtardise ! Nous sommes tous nés dans la filiation naturelle des choses, de notre réalité enfantée dans l’adultère. Comme je me sens mieux après m’être exorcisé de ce démon qui m’habitait en envoûtant mon âme, en décrétant mon naufrage. Néanmoins, il me manquera toujours une parole pour extraire l’essence du dire. La société dénature l’homme, le conditionne en dogmatisant son esprit. Elle le tient enfermé dans son carcan, le prive de sa liberté. Pourtant, il lui suffit d’aimer pour faire sauter tous les verrous. Et moi, j’ai aimé ! Quand on aime, on perçoit qu’on est autre que soi. On est le « je » et le « moi » en même temps. Malheureusement, ce n’est qu’un dédoublement imparfait et vulnérable, incohérent et incapable…

Il m’arrive souvent d’être triste comme ce soir où je bois le calice jusqu’à la lie. Je suis triste dans la douleur de mon moi qui s’exerce à un certain sourire. Oui, l’on ne déserte pas tout à fait et pas tout à la fois. Je garde un soupçon de joie enseveli dans les décombres de la mémoire autonome et incoercible. Déserter signifie s’évader aussi, mais pas droit devant, sans regarder derrière ; fuir dans la souplesse, dans du velours, sans faire de bruit et sans faire de casse ; déserter en renâclant et en reniant tous les interdits et toutes les restrictions ; déguerpir en remettant en cause l’ordre établi des choses. Il faut prendre le temps de se dire aussi que si l’on a raison, le voisin d’en face n’a pas forcément tort et essayer de comprendre pour mieux expliquer et trouver la solution. D’ailleurs, il n’existe qu’une meilleure solution, qu’on ne peut comparer, car elle est incomparable. Elle se suffit à elle-même par la véracité de sa réponse ; elle s’impose par la vividité réelle de sa vérité. Cette solution porte un nom : amour. Aimons-nous et tout sera beau ! Hélas ! Cette solution est assagie par le pouvoir qui essaie de la contenir, de l’affaiblir, de l’interdire, de l’étrangler, de l’escamoter pour qu’elle ne soit guère une puissance. Cet élan du cœur et de l’esprit est proscrit, parce qu’il dérange le pouvoir dans ses fondements. C’est « l’amour puissance et la puissance amour »…
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dimanche 21 février 2016

Aux armes, Syriens !

Aux armes, citoyens ! Aurait été tenté de dire l’ambassadeur syrien au représentant français qui vient de faire une déclaration scandaleuse. La France officielle dégringole à la vitesse de la lumière à partir du sommet onusien où l’on excelle à pondre des œufs aussi grands que le derrière. Cependant, il n’est point étonnant dans cette basse-cour qu’un coq tricolore se découvre être une poule en or. Quand de la volaille gavée est affublée d’une bande de racailles, il ne faut point s’attendre à fière ripaille.

Aux armes, Syriens ! Le reste n’est que palabres, c’est au fusil que l’on écrit le nouvel alphabet pour apprendre à cet ailleurs que ce n’est pas encore l’heure, la collation syrienne. Il ne sera jamais l’heure de la partition syrienne ! Allons enfants ! Dites-le à ces gens ! Dites-leur que nous courtisons la mort qui s’endort paisible dans notre lit comme une femme que l’on aime et qui nous chérit.

Le projet de résolution russe demandant à Ankara de cesser ses agressions dans le nord de la Syrie et d’abandonner sa politique d’invasion a été rejeté par les puissances occidentales membres du conseil de sécurité. Implicitement, le conseil de sécurité encourage les Ottomans de la nouvelle génération à aller de l’avant, à forcer la dose, à envenimer les choses.

L’ONU est en train de jouer sur l’échiquier international en misant sur le fou turc et la tour française qui se plie aux avances du roi américain tout en lorgnant du côté du tsar. Il y aurait sûrement un pat entre les deux soupirants, mais il y aura certainement un mat du côté d’Istanbul où l’on chante déjà « Capri, c’est fini » sur l’air de Gogol. Europa se lamente dans son lit d’avoir trop cru en ces Francs qui ne tirent qu’aux flancs de cette vieille Dame.

Aux armes, Syriens ! Jouez à votre tour ! L’on vous impose une noce vraiment bizarre. Alors, autant en emporte le vent dans ce mariage où l’on vous déroule un tapis rouge. Là, vous avez la lutte turque ! Ici, la roulette russe ! Par quelle chance voulez-vous commencer ce pas de danse ? En effet, c’est un entrechat difficile au milieu de cette chiennerie de cabots et de nabots. Sur le pont de l’Iran, on y danse, on y danse ! Les Pasdarans dansent admirablement le tango musulman. Au suivant ! Au suivant ! aurait dit mon ami Brel à un certain Opéra où l’on vend sa vertu à cent écus. Mon ami aurait dit aussi que si vous mettez onze imbéciles d’un côté et dix philosophes de l’autre, les imbéciles l’emporteront sur les philosophes. L’on appelle cela de la démocratie ! Cela me renvoie à ce concile imbécile des Nations Dézétaunis.

Allons enfants ! En tout cas, c’est de bonne guerre ! Ne soyons pas si cons. Les Russes sont assez grands pour mener leurs affaires sans notre aide, voyons ! En présentant cette résolution, ils ont démontré encore une fois leur intelligence. Entre nous, les Américains ne sont pas non plus des imbéciles. Ils n’allaient quand même pas signer leur condamnation, puisqu’ils sont déjà sur le terrain aux côtés des Kurdes syriens. Cependant, cela renforce les Russes et leur donne du crédit d’épingler ainsi les membres du conseil de sécurité d’où la bête française. Il est vrai, le texte n’a pas été adopté dans sa première mouture, mais n’est pas tombé à l’eau, pour autant. Certainement, il va subir des transformations jusqu’à le rendre acceptable. Oui, l’on va l’élaguer de ses agassins inutiles pour le mettre juste à la mesure de la Turquie. Dans toute cette chaîne, elle demeure de loin le maillon faible. Lorsque le courant sera d’une telle intensité, la Turquie fera le fusible pour ne pas tout faire sauter.

Aux armes, Syriens ! Le gros Turc ne comprend pas l’arithmétique de deux temps trois mouvements ni la question algébrique de la solution. Les Kurdes syriens prennent la tangente de la nouvelle équation qui s’en va exponentielle en harmonie avec la folie ottomane. Une suite harmonique en fait ! Oui, par quel algorithme résoudre l’équation kurde, quand syrienne elle devient moscovite. C’est un véritable dilemme ! Le « Kurdaméricain » n’étant pas loin, les Yankees aimeraient bien récidiver en Syrie en créant avec le concours du Mossad un nouveau Kurdistan. Seulement, ici ce n’est pas l’Irak, il manque un agent tout fait à l’image du président le Kurdisraélien.

Allons enfants ! Souquez ferme ! Il coule du côté du Liban où l’on ferme le robinet dans le sablier arabe qui fume la trahison. L’Arabie se morfond dans le cadran du temps en fumant du thé à l’ombre du palmier où il pousse des truffes. L’on a truffé l’armée avec une promesse bidon juste pour contrecarrer l’Iran qui rit de la farce. Le courant de l’avenir ne se fait pas prier pour attendre, il jette l’anathème sur plus noble que soi. Il n’y va pas par quatre chemins, puisque celui emprunté est tout tracé, il mène vers un royaume en déclin. Un musulman peut-il être pleutre et déloyal ? Cela n’est-il pas un signe distinctif de l’hypocrite ? Allah n’a-t-il pas ordonné aux croyants de remplir fidèlement leurs promesses et leurs engagements ? Enfin, ce n’est qu’une donation, on la reprend tout simplement. Toutefois, il faut faire porter le chapeau à Hezbollah, il n’aurait pas dû aimer le Liban.

La caravane ne passe plus et les chats aboient à la place des chiens qui n’ont plus de voix, car la voie du déshonneur a plus de foi qu’un roi sans honneur. C’est une question de dignité et l’on est parfaitement indigne de ce côté de la Méditerranée où l’on fait de la couardise une belle tradition. Il paraît qu’ils vont dépêcher une délégation de hauts dignitaires qui n’ont aucune dignité en terre sainte où siège Satan. L’histoire se répète, puisqu’à une lieue d’ici, d’autres Samaritains égyptiens ont effectué le même chemin pour le bienfait de l’« islamité ». Le gène de la vassalité se transmet à l’aide de la courroie de la soumission et de la servilité. Il semble qu’ils vont prêter allégeance en soulignant leur obédience pour ne pas dire leur appartenance. Ils vont se multiplier en soubrettes et en courbettes pour signifier leur loyauté. Hep ! Je vous donne un tuyau pendant que vous y êtes. Le suzerain aime les petites filles encore fraîches entre 9 et 14 ans. Je vous le garantis, vous serez absouts de vos pêchés et totalement pardonnés !

Aux armes, Syriens ! Le chemin est encore long et il faut prendre le temps à bras-le-corps et gifler la justice humaine jusqu’à ce qu’elle se mette debout ! L’homme étant l’ennemi de lui-même, l’humanité marche vers la nuit et seul le sacrifice est à même d’éclairer cette obscurité. Soyons sauvages un instant à leur image et dévorons-les, vivants ! Aucune clémence n’est permise ! Aucune faiblesse n’est admise, il faut les massacrer sans aucun remords. Pas de pitié pour la horde sauvage et ses commanditaires et s’il faut mourir, alors autant le faire les armes dans les mains.

Ave Syriens ! Levez-vous ! Il est impératif que la peur change de camp ! Un lâche et un perfide ne sont jamais braves, montrez-lui vos dents, il desserre les siennes. Il faut les effacer sans pitié et sans retenue jusqu’à ce qu’ils rendent leurs âmes sans possible expiation…

J’ose vous faire lire un extrait de « Tiguentourine » qui reprend la même idée :

« Messieurs,
Vous avez la chance de faire partie de ces hommes qui vont faire partie de l’histoire, des hommes qui vont faire l’événement. Vous êtes ici parce que vous êtes les meilleurs ; l’élite de l’Algérie fière. Vous êtes ici parce que vous avez choisi ce métier pour vous différencier des autres ; vous êtes ici parce que vous ne devriez pas être ailleurs. C’est ici donc votre endroit et votre heure !

Nous sommes Algériens et donc par définition, dignes et fiers. La mort ne nous fait jamais peur d’autant plus que la vie toujours nous sourit. Vous n’allez pas tous mourir même si vous allez partir vers la mort embusquée dans la base et ses contreforts. Il ne faut jamais oublier que vous êtes les descendants d’un peuple qui ne craint jamais une bataille, ni une guerre, ni la mort, un peuple qui ne se rend jamais, un peuple qui gagne ou qui meurt. La peur de la mort est légitime, elle permet de rester humain jusqu’à l’atome ultime de la vie. Seuls les hommes véritables arrivent à dompter leur peur pour sauver leur honneur. C’est face au danger qu’on reconnaisse le grain de l’ivraie…

  Messieurs,
Le monde entier vous regarde et vous attend au tournant, d’ailleurs Israël s’est déjà prononcé sur votre incapacité. D’autres se proposent carrément de vous aider. Alors, montrez à ces hominidés que vous êtes les seigneurs de la guerre ! Que vous êtes les descendants d’Abdelkader ! Les terroristes que vous allez devoir chasser sont loin d’être des enfants de chœur, mais vous allez leur montrer qu’ils ont commis une grave erreur. À partir de cet instant, la peur ne doit jamais quitter leur camp…

Messieurs,
L’heure de vérité a sonné. Vous êtes aguerris et bien entrainés pour envoyer ad patres ces foutus forcenés. Je suis certain qu’ils sont effrayés juste par votre renommée. Alors, apprenez à ces nervis à ne plus penser Algérie de toute leur vie. Vous formez des équipes très soudées. Dieu pour tous et tous pour un est votre refrain ! Montez à ces grenouilles que vous n’êtes nullement des nouilles, mais que vous avez de vraies couilles et faites-les, baver ! Du tonus et du cran, je ne veux pas de héros, je veux des commandos qui font leur boulot.

À ma montre, il est seize heures, je vous laisse le temps de digérer mes mots et soyez prêts à toute heure pour envoyer ces b… en enfer. »

Aux armes, Syriens ! Prends mon corps et frappe ton ennemi à mort, aurait dit un certain rossignol palestinien. En voyant sa politique syrienne s’effondrer, la Turquie va redoubler de folie. Alors, merdier pour merdier, autant le partager. Oui, coulons ensemble dans un déluge de fer et de feu. Ils en veulent, alors offrons-leur ce plaisir n’en déplaise à certains. Offrons-leur la guerre qu’ils recherchent puisqu’ils nous offrent des tombes dans cette hécatombe qu’ils nous servent au milieu des bombes.

Je demande votre indulgence et permettez-moi de vous faire un aveu. C’est avec l’encre de mon sang que j’aligne ces mots qui emportent une part de mon âme quelque part. Je me meurs à tréfiler le verbe pour en faire un tapis volant afin de survoler ma douleur. Les mots pleurent sous le fouet de la plume qui décrie la misère humaine.

La Turquie est assise sur une peau de chagrin qui rapetisse à vue d’œil et bientôt l’isolement. Hé oui, mon cher Ottoman, le conflit fait son petit bonhomme de chemin vers toi, à travers le « Turkistan ». C’est de bonne guerre, tu dois payer l’avion russe que tu as abattu en Syrie et c’est la Russie qui en fixe le prix. Tu es vraiment aveugle de ne pas voir le spectre d’une grande insurrection à l’intérieur de ton empire. Alors, mon vieux, attends-toi au pire ! Les Américains ne risquent rien en te poussant dans le vide, ils ne jouent qu’avec les grands, la Russie et l’Iran. Je te défie de lancer tes chars contre la Syrie !

L’on dit un peu partout que tu aimes la guerre. À mon humble avis tu ne la recherches que face à des petits. Cependant, détrompe-toi mon ami. Bien que la Syrie soit un petit pays, c’est un os à ne pas ronger ! Le Turkistan est déjà né et il a déjà une ambassade et bientôt une capitale. Nous sommes dans une logique de guerre et tout peut balancer, mais sache que tes calculs, les autres les ont déjà faits. Méfie-toi de l’OTAN et surtout des É.-U., car tu peux déboucher sur plus grand que toi. Tu dois savoir, quand cela déborde, c’est chacun pour soi.

Au moment où je rengaine ma plume en exhortant mes mots à aller au lit au fond de l’encrier noir où s’endort l’espoir, de fortes explosions secouent Homs et Damas et finissent par les réveiller. Ils se mettent en rangs serrés dans mon esprit, ils rendent les armes à toutes ces âmes tombées au champ d’honneur. La lâcheté frappe en toute impunité pendant que le Liban de l’avenir se réunit pour décrier les martyrs et la résistance. Aucune solidarité avec ces énièmes victimes et nulle condamnation. Pire encore, l’on admet l’extrémisme et l’on fait l’apologie du terrorisme. Un ministre vient de rendre son tablier en guise de soutien à un monarque aussi criminel qu’assassin. C’est certain, l’on va renflouer tes poches pour avoir vendu les derniers soubresauts d’un honneur borgne et claudicant. Certains sunnites libanais sont tellement royalistes qu’ils troquent le Liban au marché aux puces de la région. L’on propose sa vertu à la criée pour quelques écus de sable et de palmiers.


  

mardi 16 février 2016

D'Alep à Azaz


« Nous ne tolérons pas qu’Azaz tombe ! Nous n’acceptons pas qu’Alep tombe ! »

Avant le jour d’aujourd’hui, je croyais que ces deux villes étaient syriennes, l’on vient de me faire comprendre que j’ignorais tout de la géographie de la région. Je ne savais pas que ces deux cités étaient turques. Je parie que vous aussi ignoriez cet état de fait.

Jusqu’à hier, je me mêlais les pinceaux en pensant que les terroristes que l’on avait habillés de noms et d’acronymes « pacifiques » pour les faire admettre dans mon esprit gaga et tordu en tant que modérés étaient des gens étrangers, des mercenaires venus du monde entier. Les officiels turcs viennent de lever le voile et d’enlever le masque pour me signifier que « Jebhate Alnosra » et « Daech » sont des bastions avancés de l’armée ottomane.

« Nous ne laisserons pas Azaz tomber ! »
Expliquez-moi, vous qui êtes mieux placés que moi, aux mains de qui est Alep ? Allez-y, je vous prie, dîtes-le-moi ! Je le savais, vous êtes aussi ignorants que moi. Vous croyez bêtement qu’elle est aux mains de la horde sauvage que tout le monde veut, soudain, combattre. Oui, même cette belle Turquie avec son Bosphore qui brille la nuit comme un folklore. Eh bien, réveillez-vous ! Alep est soit « turquienne » soit « turquoise » et il faut coûte que coûte empêcher les envahisseurs syriens de la prendre. Ne serait-elle pas tout simplement turque dans l’esprit torsadé d’un schizophrène ?

« La Russie se comporte comme une organisation terroriste en Syrie, car elle mène pareillement aux jihadistes de l’État islamique des attaques barbares contre les civils »

Qui dit mieux que le sieur Ahmet ?

Pour ce monsieur à zéro problème à l’image du fameux « zéro mort » de la doctrine américaine, les terroristes sont des jihadistes, c’est-à-dire des révolutionnaires, qui appartiennent à un État qu’il islamisé.  À contrario, la Russie qui est un grand État reconnu depuis que le monde est monde ainsi qu’une vraie puissance est une organisation  terroriste.

Mon cher Ahmet, as-tu mangé de la « zalabia » fermentée pour divaguer ainsi ?
Pour 14 secondes de violation de l’espace aérien turc, tu as abattu un Sukhoï non hostile dans le cadre de la légitime défense, mais tu te permets d’attaquer des pays souverains en toute impunité. Cela fait cinq ans que tu agresses continuellement la Syrie en violation de tous les pactes et accords internationaux au vu et au su de tout le monde. Es-tu tellement fort ? Comme un « Truc »? Je vais te dire un vrai « Turc » cette fois-ci : l’Iran a fini d’avec les Américains et est en train de s’occuper de OTAN. Au fait, avec trois fesses, sur quelle chaise tu vas t’asseoir ? La musulmane ne te sied plus ! L’américaine, tu la brûles chaque jour davantage en te frottant à l’ours de Sibérie qui a l’habitude de la guerre froide. L’Européenne te refuse toujours un siège malgré ton excellent verbiage.

Il te restera toujours 1000 kilomètres à parcourir et à bien garder le long de cette frontière que tu as minée durant cinq années entières. Toutefois, rien n’est perdu encore. Tu peux prendre une scie pour te soustraire à cette géographie. D’une pierre deux coups comme on dit. Non seulement tu te défais de la Syrie pour de bon, mais aussi tu colleras à l’Europe éternellement. Un voisin, c’est comme ton cœur ;  il faut toujours en prendre soin et savoir écouter ses battements. Un pays voisin qu’il soit puissant ou petit doit être impérativement un ami, car en cas de détresse, il demeure la seule issue.

Cependant, je reconnais ton intelligence machiavélique  quand tu menaces l’Europe de l’inonder en réfugiés. Elle accuse le coup sans rechigner, car elle sait ce dont tu parles. Et comment ! Finalement, ta menace, c’est du chantage pur et simple. Ce n’est que le chemin inverse que tu veux faire entreprendre à ces flots de détraqués en utilisant diaboliquement la misère humaine. Tu as accepté d’être une poubelle de ramassis et un centre d’enfouissement et de récupération, ne t’étonnes pas d’inhaler des exhalaisons nauséabondes. L’Europe n’est pas dupe, elle plie tout simplement en faisant le roseau du moment que tu exécutes ses injonctions. Néanmoins, le vent ne peut souffler continuellement dans une seule direction, alors je te conseille de faire attention à la girouette européenne. La France, tu connais ? Fabius était-il si mauvais au point de le virer ? Non, mon ami, c’est parce que la France  veut imprimer une nouvelle orientation à sa diplomatie. Tu piges ?

Je peux comprendre tes griefs sans pour autant te donner raison, car tu ne diffères pas des autres colons. Tes  intérêts  ne doivent en aucun cas être dictés par la déraison. Azaz est une ville syrienne et les Kurdes sont syriens  jusqu’à preuve du contraire. Quant à la région d’Alexandrette, les accords arrivent à terme. En effet, 2017 où tu dois la restituer à la mère-patrie pointe déjà le bout de son nez. Est-ce une raison pour toute cette folie ?
  


lundi 8 février 2016

Le Yémen est-il mohican?

Ma raison s’incline obséquieusement devant ce peuple épris de liberté et qui consent tant de sacrifices devant l’hérésie humaine, pour ne pas dire musulmane. Je compatis à ces morts assassinés lâchement par la horde sauvage évadée du zoo humain de la planète du diable. Le Yémen est-il arabe?  Est-il musulman ? Est-il Mohican ? Dans la logique merdique de ce clan satanique, il est l’Iran, il est Israël par extrapolation. Et de six ! C’est la sixième guerre que lui impose ce royaume de sable où siège la folie . Que fait-on d’une civilisation quand on est incivil, bête et sauvage ? Hadramaout défie les âges en s’implantant comme une vérité dans le corps flagada de cette Arabie qui manque d’arabité. La reine de Saba doit se retourner dans sa tombe pour trouver le meilleur angle afin d’épier les femelles de Béni Saoud au guidon de leurs chameaux et dromadaires dont les roues s’accrochent au volant bas de leurs robes tentaculaires. Ces deux royaumes qui ont longtemps porté le Yémen au panthéon de l’histoire humaine ont construit le premier barrage et le premier réseau d’irrigation dans le monde.

Le Yémen préislamique fut le premier pays à instaurer un système ingénieux de lutte contre la désertification. Lorsque la reine du Mereb se rendit à Jérusalem à la rencontre de Salomon, l’Arabie n’était pas encore née. Gallus, le Romain, soumettant l’Égypte, connut de sérieux revers sur les côtes braves du Yémen qui ne fut dominé réellement que par les Perses sassanides appelés à la rescousse par le prince juif Sayf Ibn Dhi Yazan à la suite de l’invasion des Abyssins.   Vint l’ère musulmane qui profita surtout aux Ayyoubides dont le pays s’étendait au-delà de Najran. Le passage des Ottomans ne fut point prospère puisque les Yazidites opposèrent une lutte farouche aux arrivants qui durent plier bagage.

Je me suis permis ce bref et modeste rappel de l’histoire pour souligner le caractère rebelle des Yéménites et surtout leur savoir-faire puisqu’ils furent les premiers à exceller dans l’art de la construction ; ils sont les champions de la culture irriguée et les précurseurs des gratte-ciels. Alors que l’on urbanisait au Yémen, les tribus disparates de ce que l’on appelle aujourd’hui la presqu’île arabique se battaient contre les vents qui emportaient leurs khaïmates. En 1962, alors que le Yémen vivait unifié, les Béni Saoud envoyèrent les troupes égyptiennes contre les chiites royalistes pour aider la rébellion sunnite. Cela aboutit à la partition du pays en deux Yémens bien distincts. Cependant, après leur unification, le Yémen institue la première démocratie arabe de toute la région.

Et de deux ! L’Égypte loue ses troupes et surtout son joli nom, une Néfertiti lascive. Finalement, les Pharaons s’avèrent être de mauvais élèves. Ils reconduisent les mêmes erreurs, les mêmes fautes. Toutefois et tout compte fait, il est tout à fait normal que lorsque l’on reçoit souvent des tannées, l’on ne puisse se placer en donneur de leçons. Par trois fois, l’on délaisse le bantoustan de Gaza et les Gazaouis qui se font massacrer à huis clos à un jet de pierre pour se porter volontaire pour aller casser du Yéménite qui n’a rien fait, sauf respirer un air pur d’arabité. Est-ce à l’honneur d’un pays qui s’octroie une certaine grandeur d’agresser un petit et lointain pays frère ? Pourtant, un petit pays, à côté, une petite poche, à peine un mouchoir lui fait voir des vertes et des pas mûres. Motus et bouche cousue quand celui-ci tue froidement des soldats en poste aux frontières. L’on est prompt à mettre cela sur le dos de l’erreur et vite oublier le cas.

Et ces Béni Saoud, qu’ont-ils à vomir ces pauvres Yéménites qui ne demandent pas midi à quatorze heures ? Pourquoi tant de haine envers des gens simples et tranquilles ? Pourquoi une telle aversion envers un peuple épris de paix et de pacification ? Détrompez-vous, la décision est américaine ! Ces gens-là sont juste capables de générer un étron plus grand que leur bouche décousue. Le problème du Yémen réside dans le fait qu’il occupe une position stratégique et tout l’or noir du khalije et une bonne partie du trafic international transitent par le détroit de Bab el-Mandeb. Au fait, pourquoi le golfe doit-il être arabique ? Qui de la Perse et de l’Arabie est venue le premier ? Dans les anciens parchemins et relevés graphiques, il est persique ! Ce golfe peut aussi être yéménite, tout simplement !

Le temps passe inexorablement et le massacre continue sous le regard torve d’une ONU mise au pas par les Yankees. Là où survient un génocide, l’on trouve l’ombre des Américains. Ils sèment le nouveau concept de la démocratie guerrière au service du chaos international. Le premier pilote tombé au champ du déshonneur est marocain. Le royaume chérifien en vassal premier bombarde les Yéménites pour qu’ils abdiquent au royaume saoudien, le maître incontesté. Il casse les rebelles pour en faire des esclaves enclavés dans la péninsule satanique. Le roi marocain peut-il intercéder auprès de Dieu en faveur du pilote marocain ? Peut-il le sauver de l’enfer où il l’a envoyé ? À Aden, l’on remercie le « royaume du bien » ainsi que les « Émirats du bien ».

Les rebelles Al-Houtis sont des envahisseurs maudits qu’il faut exterminer quitte à effacer le Yémen. Il paraît que les Béni Saoud font la guerre à l’Iran au Yémen. Cet ogre chiite menace les Arabes en tenant tête à Israël et aux Américains et surtout en soutenant la Syrie, la résistance en Palestine et au Liban. Il faut en finir avec ce Yémen qui commence à avoir du nerf et ces Al-Houtis qui acheminent des armes au Hezbollah et à Gaza. En effet, pour vaincre Téhéran, il faut mettre au pas Sanaa et Aden réunies. Un Yéménite peut-il demander à un étranger de tuer un autre Yéménite à l’image de ce président dévoyé ? Malheureusement, l’histoire est là, criarde, pour rappeler à qui veut voir et regarder que L’Iran à l’inverse de Béni Saoud n’ait jamais agressé un pays de la région qu’il se prétende arabe ou musulman.

Pourquoi les Béni Saoud n’invitent-ils jamais les pays arabes ou musulmans à une coalition contre l’Entité sioniste qui les agresse tout le temps ? Sont-ils leurs cousins germains ? Ou bien, est-ce la peur qui les empêche d’entreprendre une telle action ?

Les Béni Saoud sont-ils tellement puissants ? Si tel est le cas, d’où tirent-ils cette puissance ? L’argent à lui seul ne saurait suffire à leur donner cette envergure et cette propension. Seule l’alliance avec le « grand Satan » est à même de leur permettre cette prétention jusqu’à défier la Russie dans ses propres bastions.

Les Émirats, l’Égypte, la Jordanie, le Qatar, le Koweït, le Bahreïn, le Maroc, le Soudan, le Sénégal et des mercenaires de tous bords participent à cette maudite coalition en menant la « tempête de la fermeté » à l’image de la « tempête du désert » à laquelle les Béni Saoud avaient tout donné : leur terre, leur ciel, leur argent et leur bénédiction. Vous remarquerez comme ces faux culs arabes sont prompts à répondre présent à l’appel du maître, s’agissant de détruire un des leurs ? Comprenez que je mâche mes mots, mais n’empêche que je sollicite votre indulgence pour excuser mon verbe qui peut être parfois acerbe. Je ne comprends pas que le Soudan soit de la partie, il aurait mieux fait de laver l’affront et de sauver son honneur ; une usine neuve tout juste réceptionnée partit en fumée une certaine aube désastreuse. Israël lui chie dessus, il rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran et s’en va attaquer le Yémen. Bientôt l’Éthiopie va lui couper la fontaine et c’est du sable qu’il va pisser le long du Nil creux. On l’a déjà rendu estropié et ce n’est qu’un début, suivront d’autres amputations à commencer par le Darfour qui va lui faire ses salutations. Khartoum ne sera que du « khra » sur du « toum ».

Et ce géant à la cervelle de moineau et aux pieds d’argile ! Si ce n’est pas le Qatar, ce sont les Béni Saoud qui tirent les ficelles du Caire où brille et rayonne Al-Azhar juste capable de produire des muftis sur mesure, incapables d’aimer Allah et la droiture. Adorateurs de palais, ils cautionnent et soutiennent les roitelets quant à leurs machinations anti musulmanes. L’Égypte comme l’Algérie doit une fière chandelle à la brave Syrie, elle se sacrifie pour leur sauver la vie. Toutefois, ce n’est qu’une partie remise pour l’Égypte, car elle entre en ligne de compte de la nouvelle géographie. Les Béni Saoud hypothèquent lourdement Le Caire qui va devoir payer la facture et c’est Israël qui va sortir vainqueur . La principauté copte et le royaume cairote avec en prime l’enclave du Sinaï pour la Palestine exilée…